Angers : 1500 manifestant.e.s pour l’augmentation des salaires!

manif

Les annonces de Macron n’ont absolument pas convaincu les 1500 personnes, dont une grande majorité avec la CGT, qui ont manifesté ce matin dans les rues d’Angers. Gilets rouges, gilets jaunes, jeunes, le cortège dynamique, emmené par les lycéens et étudiants est parti de la place Imbach pour rejoindre la Préfecture en empruntant les voies sur berges. Dans la manifestation, les salariés de la métallurgie de Valéo, de Scania, de CBI ou d’Artus étaient nombreux, le CHU d’Angers, le CESAME, St Nicolas, les territoriaux d’Angers ou le Conseil Départemental étaient aussi bien représentés. Un piquet de grève a eu lieu devant la SPIE à Angers.

voies sur berges

Intervention de Didier TESTU

Secrétaire Général

Union Locale CGT d’Angers

Après avoir, pendant un mois, méprisé la colère des gilets jaunes avec sa morgue coutumière, Macron a daigné  adresser quelques belles paroles et faire quelques concessions.

100 euros supplémentaires mensuels pour un smicard ? Ils ne coûteront rien aux employeurs, promet Macron. Autrement dit, ils seront payés par l’État, et donc réclamés aux classes populaires sous forme d’impôts ou de taxes.

La défiscalisation des heures supplémentaires et l’exonération des cotisations ? Sarkozy, cet autre président des riches, en avait fait autant, et le Medef adore cette mesure qui lui permet de ne pas embaucher.

Une prime exceptionnelle de fin d’année ? Elle sera, comme d’habitude, au bon vouloir des capitalistes. Celle-ci sera financé par le CICE qui vient d’être validé récemment par le gouvernement ;

L’augmentation de la CSG ? Cette mesure révoltante n’est annulée que pour une partie des retraités, et les pensions de misère le resteront. Rien n’est accordé aux chômeurs ni aux handicapés.

L’impôt sur la fortune ? Il ne sera pas rétabli et les riches peuvent dormir tranquilles. Il aura été une des premières mesures que ce gouvernement aura supprimées.

Pour que le monde du travail sorte de la survie et des fins de mois impossibles à boucler, c’est surtout le grand patronat qu’il faut viser. C’est eux qui dictent la politique des gouvernements successifs.

Le gouvernement peut alléger une taxe par-ci, supprimer une hausse par-là. Il peut proposer une prime exceptionnelle pour les salariés, qui ne coûtera pas grand-chose aux patrons volontaires pour la verser, puisqu’elle sera compensée par de nouvelles exonérations de cotisations sociales pour eux. Ces mesures seront payées par les classes populaires, car elles se traduiront par la dégradation des services publics et la baisse des prestations sociales

 Pour que les milliards des caisses de l’État continuent de servir les classes riches, le gouvernement trouvera le moyen de faire payer au monde du travail ce qu’il fait mine de lui céder.

Ceci étant, la détermination de dizaines de milliers de manifestants a fait un peu bouger le gouvernement. Elle a été plus efficace que toutes les concertations, et les gilets jaunes qui veulent la poursuivre ont raison !

Il faut que les travailleurs s’en inspirent et portent le combat dans les entreprises, pour la hausse des salaires. Alors que ceux-ci sont bloqués depuis des années, cela n’empêche pas les licenciements de se succéder. Happychic, qui fait partie de l’empire Mulliez, annonce un plan de 466 suppressions d’emplois. Le géant de l’automobile Ford veut fermer son usine de Blanquefort et laisser sur le carreau 850 travailleurs. La fermeture de l’usine du groupe Sandvik, en Indre-et-Loire, mettrait 161 salariés à la rue. Ce sont des groupes riches à millions, qui restructurent et licencient pour faire encore plus de profits.

En 2017, les grandes entreprises du CAC 40 ont distribué 44,3 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires. Ces masses d’argent sont le fruit de l’exploitation de notre travail. Elles nous reviennent ! Plutôt que de financer la spéculation ou les caprices de riches, elles doivent servir à l’augmentation générale des salaires, y compris dans les petites entreprises.

« Je ne voudrais pas que cette révolte fiscale se transforme en mettant en accusation les entreprises », s’est inquiété un grand  patron du Medef, Roux de Bézieux. Derrière ce commentaire,  il exprime les craintes des véritables maîtres dans cette société. Les grands capitalistes.

Il faut que les travailleurs fassent entendre leur voix dans le climat de contestation sociale ouvert par les gilets jaunes, qui s’étend maintenant à la jeunesse revendiquant un avenir meilleur.

Dans nos entreprises, là où nous nous  retrouvons chaque jour par dizaines, centaines ou milliers, nous pouvons discuter et nous organiser. C’est là que nous serons en position de force.

Engager le combat, par la grève, pour une augmentation générale des salaires, des retraites et des allocations, qui suive la hausse des prix : c’est le seul moyen, pour le monde du travail, de se battre pour son avenir. C’est aussi la seule perspective, pour toute la société, de desserrer l’étau de la dictature du capital sur l’économie.

Alors oui ! Travailleurs, retraités,  handicapés,  jeunes scolarisés ou pas,  plus que jamais il nous faut préparer une riposte du monde du travail et de la jeunesse pour une société où les riches ne feront plus la loi.

 

 

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